BAES : quels blocs, combien et où dans votre local ?
Oui, dès que vous employez des salariés : des blocs d'évacuation de 45 lumens et 1 heure d'autonomie, espacés de 15 m au plus. Au-delà de 100 personnes et d'une personne pour 10 m², un éclairage d'ambiance s'y ajoute.
Tout établissement employant des salariés doit disposer d'un éclairage de sécurité qui permet l'évacuation, selon l'article R4227-14 du Code du travail. Les blocs d'évacuation délivrent au moins 45 lumens pendant une heure, espacés de 15 mètres au plus dans les dégagements. Un éclairage d'ambiance de 5 lumens par m² s'y ajoute dans les locaux qui peuvent recevoir 100 personnes ou plus, avec plus d'une personne pour 10 m².
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Sommaire
Êtes-vous concerné ?
Situation Éclairage exigé Seuil Tout établissement employant des salariés Éclairage de sécurité permettant l'évacuation Aucun seuil, obligation générale Dégagements et locaux, sauf dispense ci-dessous Éclairage d'évacuation (45 lm, 1 h) Par défaut Local débouchant directement sur un dégagement équipé ou sur l'extérieur, et effectif < 20 personnes, et parcours < 30 m Dispense possible Les trois conditions réunies Local pouvant recevoir 100 personnes ou plus avec plus de 1 personne pour 10 m² Éclairage d'ambiance en plus (5 lm/m²) 100 personnes ET densité L'obligation vient de l'article R4227-14 du Code du travail, en vigueur de longue date. Aucune échéance récente n'est à surveiller. Vous n'êtes pas « en retard » : vous êtes conforme, ou vous ne l'êtes pas.
Que dit le texte ?
« Les établissements disposent d'un éclairage de sécurité permettant d'assurer l'évacuation des personnes en cas d'interruption accidentelle de l'éclairage normal. La conception, la mise en œuvre et les conditions d'exploitation et de maintenance de cet éclairage ainsi que les locaux qui peuvent en être dispensés en raison de leur faible superficie ou de leur faible fréquentation sont définis par un arrêté des ministres chargés du travail et de l'agriculture. »
L'article pose le principe. Il renvoie tout le détail technique à l'arrêté du 14 décembre 2011 relatif aux installations d'éclairage de sécurité. C'est cet arrêté qu'il faut lire pour dimensionner une installation. C'est aussi lui que la plupart des pages en ligne résument de travers.
Un article voisin complète le dispositif. L'article R4227-13 impose une signalisation du chemin vers la sortie la plus proche. Éclairage et signalétique sont deux obligations distinctes. Un panneau non éclairé ne remplace pas un BAES. Un BAES sans pictogramme conforme ne remplace pas le panneau.
Évacuation ou ambiance : lequel vous faut-il ?
Cette distinction décide de votre budget.
L'éclairage d'évacuation
Il balise le chemin vers la sortie. C'est le besoin de base, et il concerne la quasi-totalité des locaux.
- Flux lumineux assigné : au moins 45 lumens par bloc.
- Autonomie : au moins une heure.
- Espacement maximal entre deux blocs : 15 mètres dans les dégagements.
Un local peut en être dispensé s'il réunit trois conditions à la fois : déboucher directement sur un dégagement lui-même équipé ou sur l'extérieur, accueillir moins de 20 personnes, et présenter un parcours de moins de 30 mètres. Deux conditions sur trois ne suffisent pas. C'est l'erreur la plus fréquente des auto-diagnostics.
L'éclairage d'ambiance, ou anti-panique
Il éclaire le volume du local pour éviter un mouvement de panique. Il s'ajoute à l'éclairage d'évacuation, il ne le remplace pas.
Il devient obligatoire dans les locaux pouvant recevoir 100 personnes ou plus, si l'occupation dépasse une personne pour dix mètres carrés. Les deux critères se cumulent. Un entrepôt de 2 000 m² qui accueille 100 personnes reste sous la densité : il n'y est pas soumis.
- Flux : au moins 5 lumens par mètre carré de surface du local.
- Espacement : la distance entre deux foyers voisins ne dépasse pas quatre fois leur hauteur au-dessus du sol.
Ce que ça change pour votre local. Une salle de réunion de 80 m² pour 30 personnes n'a besoin que de l'évacuation. Un open space de 400 m² avec 120 postes franchit les deux seuils : il lui faut l'évacuation et l'ambiance, soit au moins 2 000 lumens répartis dans le volume. C'est un ordre de grandeur, pas un devis. Le calcul précis relève d'un bureau d'études.
Pour l'ambiance, l'article 9 de l'arrêté ne cite que des blocs « à fluorescence de type non permanent ou à incandescence ». La plupart des blocs d'ambiance vendus aujourd'hui sont à LED. Dans une salle qui reçoit du public, le règlement des ERP les admet ; dans un local de travail sans public, faites valider ce choix par votre vérificateur. Nous comparons deux blocs d'ambiance dans Legrand connecté ou URA.
SATI autonome ou connecté : que choisir avant de commander ?
Tranchez ce point avant de commander. Il fixe votre charge de maintenance pour les dix prochaines années.
L'arrêté impose des blocs d'évacuation à incandescence, ou fluorescents ou LED équipés d'un système automatique de test intégré (SATI) conforme à la norme NF C 71-820. En pratique, tout ce qui se pose aujourd'hui est LED et SATI.
Le SATI fait le test à votre place et affiche le résultat par un voyant. Deux familles existent.
SATI autonome (non adressable). Chaque bloc se teste seul et affiche son état par une LED verte ou rouge. Pour connaître l'état du parc, vous passez devant chaque bloc et vous regardez. C'est le standard, le moins cher, et c'est conforme.
SATI adressable ou connecté. Les blocs remontent leur état à une centrale ou à une application. Vous consultez l'état de l'ensemble sans vous déplacer. L'historique s'archive tout seul.
Le calcul est simple. Le surcoût de l'adressable se rentabilise quand la ronde devient longue. Pour un plateau de bureaux d'un seul niveau avec quinze blocs, une ronde mensuelle prend dix minutes : l'autonome suffit. Pour un bâtiment à plusieurs niveaux, plusieurs sites ou des blocs en hauteur qui demandent une nacelle, l'adressable s'impose vite.
Un piège à connaître. Le SATI teste et signale. Il ne vous dispense pas de consigner les résultats. Un parc adressable archive tout seul. Un parc autonome vous laisse le relevé à faire.
Que reste-t-il à faire une fois les blocs posés ?
L'installation est un point de départ. L'arrêté du 14 décembre 2011 impose deux vérifications périodiques. C'est ce régime qui est contrôlé.
| Périodicité | Opération |
|---|---|
| Chaque mois | Vérifier le passage en position de fonctionnement en cas de coupure, et le bon fonctionnement de la commande de mise au repos |
| Chaque semestre | Vérifier l'autonomie réelle d'une heure |
Consignez les résultats dans le registre prévu à l'article R4226-19 du Code du travail. C'est ce registre qui prouve le respect de l'obligation en cas d'inspection ou après un sinistre. Ni les factures ni les voyants verts ne le remplacent.
L'arrêté impose aussi de tenir à disposition une notice descriptive des installations, qui précise les pièces de rechange. Gardez un stock de blocs et de batteries de remplacement. Un bloc en défaut se remplace, il ne s'attend pas.
Que risquez-vous sans éclairage de sécurité ?
Comme pour les extincteurs, aucune amende forfaitaire n'est attachée à cet article. L'exposition est celle du manquement aux règles de santé et de sécurité au travail : mise en demeure de l'inspection du travail, puis poursuites si le manquement persiste. Surtout, la responsabilité de l'employeur est engagée si une évacuation tourne mal.
Nous ne reprenons pas les montants qui circulent sur les sites de vente d'équipement. Ils ne renvoient à aucun texte applicable à cette obligation.
Quels blocs commander ?
L'achat se fait presque toujours par lots : un plateau de bureaux consomme dix à vingt blocs. Voici ce que nous avons vérifié comme réellement disponible à la date de publication.
| Photo | Modèle | Flux / autonomie | SATI | Indices | Prix indicatif | Lien |
|---|---|---|---|---|---|---|
![]() | Legrand BAES évacuation LED | 45 lm / 1 h | Oui | IP43 IK07 | 56,00 € | Voir l'offre |
![]() | URA UraOne BAES + BAEH | 45 lm / 1 h | Oui | Combiné habitation | 97,75 € | Voir l'offre |
![]() | Eaton Luminox Uniled 2-45 | 45 lm / 1 h | Oui | NF Environnement | 51,42 € | Voir l'offre |
![]() | Fireless BAES LED évacuation | 45 lm / 1 h | Oui | Montage plafond ou mural | 60,13 € | Voir l'offre |
Deux points à contrôler avant de commander. D'abord la conformité aux normes NF EN 60598-2-22 et NF C 71-800, avec le SATI selon NF C 71-820. Ces références doivent figurer sur la fiche technique du fabricant, pas seulement dans le titre de l'annonce. Ensuite l'indice IP si les blocs vont en parking, en atelier ou dans un local humide. Un IP42 n'a pas sa place là où un IP43 ou plus s'impose.
Un bloc combiné BAES + BAEH ajoute une fonction d'éclairage d'habitation. Il est utile dans un bâtiment à usage mixte. Il est inutile et plus coûteux dans des bureaux classiques.
Quand faire appel à un bureau d'études ?
Ce guide vous aide à décider. Dans trois cas, faites établir l'installation par un bureau d'études ou un installateur qualifié, sur vos plans réels.
- Votre local franchit les deux seuils de l'ambiance : le calcul du flux et l'implantation des foyers ne se font pas à l'œil.
- Votre établissement reçoit du public : le règlement de sécurité propre à son type et à sa catégorie peut exiger davantage que le Code du travail.
- Vous doutez du nombre de blocs ou de leur emplacement dans un dégagement long ou coudé.
Aucun produit ne « met en conformité » à lui seul. La conformité résulte du type de blocs, de leur implantation, de leur maintenance et de la tenue du registre.
Vous êtes dans l'un de ces cas ?
Nous transmettons votre demande à des prestataires de votre département. Demandez-leur un repérage sur place. Gratuit, sans engagement.
Questions fréquentes
Puis-je remplacer un bloc par un simple luminaire sur onduleur ? Non, sauf à passer par une source centralisée conforme à la norme NF EN 50171. C'est une autre architecture, avec ses propres exigences. Un onduleur bureautique ne répond ni aux normes de la série NF C 71-800 ni à l'exigence d'autonomie assignée.
Mes blocs sont neufs, dois-je quand même faire les tests mensuels ? Oui. La périodicité court dès la mise en service. Le SATI réalise le test, mais vérifier son résultat et le consigner reste votre obligation.
Combien de temps dure un BAES ? Le bloc lui-même dure longtemps. C'est la batterie qui limite. Comptez quatre à cinq ans avant que l'autonomie d'une heure ne soit plus tenue, ce que le test semestriel sert à détecter. Sur un parc de vingt blocs, c'est une dépense récurrente à budgéter, pas un achat unique.
Un ERP suit-il les mêmes règles ? Pas exactement. Les établissements recevant du public relèvent du règlement de sécurité contre l'incendie propre à leur type et à leur catégorie, qui peut être plus exigeant. Cette page traite de l'obligation du Code du travail, applicable aux lieux de travail. Si votre local est les deux à la fois, cas courant, la règle la plus contraignante s'applique.
Faut-il un BAES dans les toilettes ou les locaux techniques ? Appliquez le test des trois conditions cumulatives. Un local technique isolé, de faible surface, qui débouche sur un dégagement déjà équipé et accueille moins de 20 personnes peut être dispensé. Un couloir de service de 40 mètres ne l'est pas, quelle que soit sa fréquentation.
Par quoi commencer ?
- Appliquez le test des trois conditions cumulatives à chaque local que vous pensiez dispensé. Deux conditions sur trois ne suffisent pas.
- Vérifiez si vous franchissez les deux seuils d'ambiance : 100 personnes et plus d'une personne pour 10 m². Si oui, l'évacuation seule ne suffit pas, et le calcul relève d'un bureau d'études.
- Ouvrez le registre de l'article R4226-19 et lisez la dernière ligne. Dans la majorité des contrôles, le manquement n'est pas l'absence de blocs. C'est l'absence de trace des tests mensuels et semestriels.
- Tranchez SATI autonome ou adressable avant de commander. Comptez votre temps de ronde réel. Au-delà d'un niveau, ou avec des blocs en hauteur, l'adressable se rentabilise vite.
Les extincteurs relèvent du même chapitre du Code du travail : contrôlez-les en même temps. Le calendrier des obligations d'équipement 2026-2027 réunit vos quatre obligations, leurs seuils et leurs périodicités sur une seule page.
Dernière vérification réglementaire : 6 septembre 2026. Sources consultées : Légifrance (Code du travail, arrêté du 14 décembre 2011). Rédigé par la rédaction PickBenchmark selon notre méthodologie de veille réglementaire. Une erreur, un texte modifié ? Signalez-le-nous : nous corrigeons et datons la mise à jour.
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