Trousse de secours en entreprise : que doit-elle contenir, et où ?
L'obligation tient en une phrase et ne fixe aucun seuil d'effectif. Le contenu, lui, n'est écrit nulle part : il se décide selon vos risques, avec l'avis du médecin du travail. Voici la règle, la place de la norme DIN 13157 et la façon de tenir la trousse à jour.
L'article R4224-14 du Code du travail impose à tout lieu de travail un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible, sans seuil d'effectif. Aucun texte ne fixe le contenu de la trousse : vous le décidez selon vos risques, après avis du médecin du travail, et vous le consignez dans un document tenu à la disposition de l'inspection du travail. La norme allemande DIN 13157 sert de repère de contenu à beaucoup de fabricants, mais elle n'est pas obligatoire en France.
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Sommaire
Ce que dit le Code du travail
L'obligation tient en une phrase.
« Les lieux de travail sont équipés d'un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible. »
Le texte ne fixe aucun seuil d'effectif. Un bureau de deux personnes est concerné comme un atelier de quarante. Il ne fixe pas non plus de liste de contenu. Il pose deux exigences : un matériel adapté à vos risques, facile à atteindre.
Qui est concerné, et pour quoi ?
| Votre situation | Ce que le texte impose | Reste à vérifier |
|---|---|---|
| Tout lieu de travail, sans condition d'effectif | Un matériel de premiers secours adapté aux risques, facilement accessible (R4224-14) | Le contenu selon vos risques, avec l'avis du médecin du travail |
| Atelier où sont accomplis des travaux dangereux | En plus, un membre du personnel formé aux premiers secours (R4224-15) | Ce qui relève de « travaux dangereux » dans votre activité |
| Chantier de vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours, avec travaux dangereux | En plus, un membre du personnel formé aux premiers secours (R4224-15) | La présence du secouriste sur toute la durée du chantier |
Pour un bureau, un commerce ou un petit atelier sans travaux dangereux, seule la première ligne s'applique.
Que mettre dans la trousse ?
Aucun texte ne fixe la composition. L'article R4224-16 dit qui décide et comment :
« En l'absence d'infirmiers, ou lorsque leur nombre ne permet pas d'assurer une présence permanente, l'employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures qui sont prises en liaison notamment avec les services de secours d'urgence extérieurs à l'entreprise sont adaptées à la nature des risques. Ces mesures sont consignées dans un document tenu à la disposition de l'agent de contrôle de l'inspection du travail. »
Partez donc de vos risques. Une cuisine expose aux brûlures, un atelier aux projections dans les yeux, un bureau aux petites coupures et aux malaises. Faites valider la liste par le médecin du travail, puis écrivez-la dans le document prévu par l'article R4224-16.
La norme DIN 13157 sert de repère à beaucoup de fabricants. C'est une norme allemande qui décrit un contenu type pour les entreprises. Elle n'est pas obligatoire en France, et acheter une trousse « DIN 13157 » ne remplace pas l'avis du médecin du travail. À titre d'exemple, un fabricant détaille pour sa trousse DIN 13157 des pansements de plusieurs formats, des compresses, des bandes de fixation, des tissus triangulaires, deux compresses oculaires, une compresse froide, une couverture de survie, des ciseaux et des gants jetables. Ajoutez ce que vos risques imposent, retirez ce qui ne vous sert pas.
Faut-il un secouriste formé ?
L'article R4224-15 répond :
« Un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence dans : 1° Chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux ; 2° Chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Les travailleurs ainsi formés ne peuvent remplacer les infirmiers. »
Hors de ces deux cas, le texte n'impose pas de secouriste. Un salarié formé reste utile : il sait quoi faire et quoi dire aux secours. Si vous formez quelqu'un, notez son nom dans le document de l'article R4224-16 et prévoyez son remplacement en cas d'absence.
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Où placer la trousse ?
Le texte dit « facilement accessible ». Trois conséquences.
Placez-la près des postes où le risque existe : l'atelier ou la cuisine. Un bureau sur un seul niveau se contente d'un emplacement central. Plusieurs niveaux ou plusieurs bâtiments demandent plusieurs trousses.
Ne la mettez pas sous clé. Une trousse enfermée dans le bureau du responsable n'est pas accessible quand il est absent.
Signalez-la. Une trousse fixée au mur avec un pictogramme se trouve sans chercher.
Comment la tenir à jour ?
Quatre gestes suffisent.
Nommez un responsable. Écrivez son nom dans le document de l'article R4224-16, avec l'emplacement de chaque trousse.
Vérifiez les dates de péremption. Les compresses stériles et les lingettes portent une date. Un fabricant annonce quatre ans de conservation au minimum pour le contenu de sa trousse : lisez la date sur chaque sachet, pas sur le coffret.
Réassortissez après chaque usage. Gardez la liste de contenu à l'intérieur du coffret et cochez ce qui manque.
Consignez les vérifications : une date et une signature sur une feuille dans le coffret. Le document de l'article R4224-16 est tenu à la disposition de l'inspection du travail : la trousse en fait partie.
Questions fréquentes
Une trousse de secours est-elle obligatoire dans un bureau de trois salariés ? Oui. L'article R4224-14 vise tous les lieux de travail, sans seuil d'effectif. Le contenu s'adapte aux risques d'un bureau, qui sont limités.
La norme DIN 13157 est-elle obligatoire en France ? Non. C'est une norme allemande que beaucoup de fabricants utilisent pour décrire le contenu de leurs trousses. Aucun texte français ne fixe la composition d'une trousse de secours.
Faut-il un sauveteur secouriste du travail dans toute entreprise ? Le Code du travail impose un secouriste formé dans les ateliers où sont accomplis des travaux dangereux et sur les chantiers de vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours avec travaux dangereux (R4224-15). Ailleurs, la formation n'est pas imposée par ce texte, mais elle reste utile.
Qui contrôle la trousse de secours ? L'article R4224-16 prévoit un document tenu à la disposition de l'agent de contrôle de l'inspection du travail. Il décrit les mesures prises pour les premiers secours : le matériel et les personnes formées.
Et maintenant
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Textes vérifiés sur Légifrance le 15 septembre 2026. Ce guide ne remplace pas l'avis du médecin du travail sur le contenu de votre trousse.
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